L’étude du jour : un tiers des enfants français en état de souffrance

L’étude du jour : un tiers des enfants français en état de souffrance

metronews

SANTÉ – Une étude menée par l’Unicef auprès de 11 000 jeunes de 6 à 18 ans souligne “l’état de souffrance” vécu par les enfants et adolescents en France. Elle pointe des phénomènes comme les situations de pauvreté, le manque de reconnaissance à la maison ou à l’école, ou le harcèlement par leurs camarade.

Le rapport évoque un “grand malaise”. L’Unicef a mené, pour la deuxième année, une consultation nationale auprès de 11 000 enfants et adolescents de 6 à 18 ans. Elle fait notamment état d’une “souffrance psychologique” pour plus d’un tiers d’entre eux. La proportion augmente à l’approche de l’adolescence, cet état concernant 43 % des jeunes à partir de 15 ans.

L’étude explore notamment la qualité des relations liant l’enfant à son entourage. “Si les participants se sentent globalement plutôt bien dans leur vie, une forte proportion disent ne pas se sentir valorisés par leur père et vivre des relations tendues avec leurs deux parents. Ce sentiment de manque de reconnaissance ainsi que les tensions familiales croissent particulièrement avec l’âge, le niveau de privation et l’insécurité du cadre de vie”, explique l’Unicef. Deux enfants sur cinq disent avoir des relations parfois tendues avec leur père ou leur mère.

“Nos adolescents sont incompris”

Hors du cadre familial, l’école aussi est source de souffrance. Près d’un enfant sur deux (45 %) se sent “vraiment angoissé de ne pas réussir assez bien à l’école”. Le fait d’être une fille, la peur de l’échec scolaire et le harcèlement sur les réseaux sociaux “augmentent de manière significative les risques de souffrance psychologique”, note l’étude, qui a été remise aux secrétaires d’État à la Famille, Laurence Rossignol, et à la Lutte contre l’exclusion, Ségolène Neuville. “Nos adolescents sont trop souvent incompris et trop vite jugés. Nous avons tous un devoir de réassurance vis-à-vis d’eux. Nous nous devons de les écouter, de les accompagner jusqu’à l’âge adulte, vers lequel ils avancent avec un mélange d’envie et d’appréhension”, explique Michèle Barzach, la présidente d’Unicef France.

“Tiraillés par des relations tendues à la maison, dans leur établissement scolaire ou dans leur environnement proche, réel ou virtuel, ils ressentent, pour certains, un grand malaise, un sentiment qui peut, parfois, les pousser jusqu’aux pensées les plus sombres”, poursuit Michèle Barzach. Parmi les ados en effet (12-18 ans), près d’un sur trois (28 %) dit avoir déjà pensé au suicide, et 11 % avoir déjà fait une tentative. Ces résultats, qui doivent cependant être analysés avec prudence, souligne l’enquête. Chez les 15 ans et plus, deux sur cinq disent consommer de l’alcool et avoir déjà été en état d’ivresse, un sur trois confie avoir déjà consommé de la drogue ou fumé du cannabis.

Le poids des milieux défavorisés

L’étude met enfin en lumière le poids des difficultés économiques de la famille, sur la souffrance des enfants et adolescents. Dans le panel consulté, 17 % sont en situation de privation matérielle. Cette proportion augmente avec l’âge (24 % chez les plus de 15 ans), chez les enfants vivant dans des familles monoparentales (26,8 %) et si l’enfant vit dans un quartier “insécurisant” (31,6 %).

L’angoisse de ne pas réussir à l’école est plus répandue chez les enfants issus de milieux défavorisés. Pour les auteurs du rapport, les témoignages des enfants confirment que “vivre en situation de privation constitue pour eux un facteur de risque de vivre en même temps des expériences de difficultés d’intégration” dans la famille, dans le quartier ou à l’école.

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